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TRISSINO (Gian Giorgio), La Poetica (1529)

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la pωetica/ di m. giωvan giorgiω trissinω.

[souscription] Stampata in Vicεnza per Tωlωmεω Ianiculω,/ Nεl m d xx i x./ Di Aprile.

Petit in-folio [70] feuillets signés a-r4 s2 chiffrés (I) II LXVIII. Marque sur le verso du dernier feuillet (99 mm) : « *ΠΑΝ ΤΟ ΖΗΤΟΥΜΕΝΟΝ ΑΛΩΤΟΝ » (« tout ce qu’on cherche, on le trouve », adapté de Sophocle, Œdipe roi, 110-111 ; Vaccaro, 547 ; Zappella, 1184). Caractères italiques de chancellerie. Le cahier d’errata, signé s, d’une justification plus courte (253 mm dans l’exemplaire décrit), a été ajouté tardivement à quelques rares exemplaires.

Première édition de la Poetica de Trissino. Elle comprend quatre parties, traitant du vers et des différentes formes de poèmes. Le traité est lié au De vulgari eloquentia de Dante, que Trissino venait de découvrir et qu’il traduisait au même moment [1]. Il est également à mettre en relation avec la Summa artis rithmicis vulgaris dictaminis d’Antonio da Tempo, et de certains auteurs grecs, Hermogène et Denys d’Halicarnasse, lus dans l’anthologie des Rethores [sic] graeci, publiée par Alde en 1505. L’influence d’Aristote en revanche est marginale, alors qu’elle sera fondamentale dans les parties cinq et six, consacrées à la tragédie et à la comédie, ainsi qu’aux figures, qui ne furent publiées qu’en 1562 (Venise, Andrea Arrivabene). La réflexion de Trissino porte sur l’ensemble de la création littéraire ; elle s’oppose à celle de Bembo, en particulier par son refus de faire de Pétrarque un modèle unique et d’accorder à la poésie lyrique une place centrale, privilégiée ordonnant tous les genres. Trissino propose des formes étrangères au canon pétrarquien et élargit l’imitation à d’autres auteurs, Dante, Cino da Pistoia, Guido Guinizelli, et aux auteurs grecs et latins, qu’il juge nécessaire pour renouveler la poésie italienne.

Le volume a été imprimé par Tolomeo Gianicolo, que Trissino choisit comme imprimeur exclusif de ses œuvres après la mort de Lodovico degli Arrighi.

Hauteur : 286 mm. Parchemin rigide, pièce de titre, tranches jaunes (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : quelques annotations anciennes peu lisibles dans les marges.

→ Gamba, 1706 ; Brunet, V, 951-952 ; Mambelli, 277 ; Hastings Jackson, 767a ; BL, 681 (3 exemplaires) ; Mortimer, II, 507 note ; Galante, n° 11 ; Ascarelli-Menato, p. 465-466 ; Panizzi, 5877 ; Medicea Laurenziana, 1552.

[1Trissino se servait d’un manuscrit, aujourd’hui conservé à Milan, Biblioteca Trivulziana (cod. 1088).

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